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Exposition : Les flots écoulés ne reviennent pas à la source

15 July à 29 November

En écho au site de l’Abbaye de Jumièges, au bord de la Seine, l’exposition de photographie « Les flots écoulés ne reviennent pas à la source » donne à voir le regard de treize artistes contemporains sur la rivière en Chine.

De l’héritage d’une tradition picturale chinoise où un paysage idéalisé semble suspendu dans le temps (peinture de « montagne et d’eau ») aux accélérations de la modernité et leurs conséquences sur la nature et l’environnement, en passant par des récits visuels reprenant à leur compte sa puissance évocatrice, la rivière a constitué ces vingt dernières années un motif d’inspiration récurrent pour les
photographes, Chinois ou venus photographier en Chine.

Artistes exposés : Yang Yongliang, Sui Taca, Luo Dan, Michael Cherney, Edward
Burtynsky, Zhuang Hui, Chen Qiulin, Mu Ge, Liu Ke, Jia Zhangke, Zhang Xiao, Chen
Ronghui, Zhang Kechun.

« Les flots écoulés ne reviennent pas à la source. Regards de photographes sur la rivière en Chine » est une exposition conçue par Victoria Jonathan avec la complicité de Bérénice Angremy (anciennes directrices du festival photographique chinois Jimei x Arles, fondatrices de l’agence culturelle franco-chinoise Doors) pour l’Abbaye de Jumièges dans le cadre du festival Normandie Impressionniste 2020.

Produit par l’agence Doors, le projet a été réalisé grâce au soutien du Département de la Seine-Maritime.

Un catalogue (bilingue français-chinois) de l’exposition, réunissant reproductions des oeuvres exposées et entretiens exclusifs avec les artistes, sera publié par Bandini Books et disponible à la vente à partir du 15 juillet. Plus de détails en bas de page.

Des actions de médiation culturelle liées au thème de l’exposition (rencontres, conférences, visites contées, ateliers jeune public) auront lieu à l’automne 2020, notamment dans le cadre du festival littéraire Terres de Paroles qui se tiendra en Seine-Maritime du 2 au 22 octobre (programme disponible sur www.terresdeparoles.com).

L’exposition

Proposant, à travers le travail de treize artistes autour de la rivière en Chine, une réflexion sur les rapports de l’homme à la nature et de la photographie au temps, l’exposition s’articule autour de trois axes.

Le paysage et sa contemplation

Le mythique fleuve Yangtsé (Yangzi dans sa transcription modernisée, ou Long
Fleuve) et le fleuve Jaune, les deux plus grands cours d’eau du pays, ont inspiré de
nombreuses oeuvres aux poètes, peintres et calligraphes chinois. Dans la tradition
esthétique chinoise, le fleuve constitue un élément du shanshui (montagne-eau), un
type de paysage naturel codifié en peinture et en littérature, célébrant l’harmonie
entre l’homme et le monde. Dans la lignée des peintres classiques et des débuts de
la photographie chinoise, des artistes photographient la rivière en Chine aujourd’hui,
en s’inspirant de préceptes et de textes traditionnels. En résultent des images
empreintes de sérénité où les hommes semblent accompagner et contempler le
mouvement d’une nature en constante mutation.

La rivière, témoin des accélérations de l’histoire

Fait majeur de la deuxième moitié du 20e siècle, l’industrialisation et l’urbanisation
transforment le pays, et impriment durablement leur trace sur l’environnement et
le climat. Les titanesques travaux du barrage des Trois Gorges, édifié entre 1994
et 2009 d’après une idée de Mao lancée dans les années 1950, pour endiguer
les inondations et crues meurtrières du Yangzi, ont permis de créer la plus grande
centrale hydro-électrique du monde. Près de 2 millions d’habitants sont déplacés,
tandis que 1300 sites historiques et archéologiques, 15 villes et 116 villages sont
engloutis. Lacs asséchés, pollution, glissements de terrain… les conséquences
environnementales sont nombreuses. Chongqing, municipalité de 32 millions
d’habitants (dont 70 % de ruraux) qui couvre le site de la retenue, bénéficie des
effets du barrage : c’est le plus grand centre industriel et commercial du sud-ouest.
Arpentant les rivières du pays, tout le long de leur trajet ou sur quelques tronçons,
de nombreux photographes documentent les effets de la modernisation sur le
paysage, l’environnement et la société chinois.

Récits-fleuves

Lieu mythologique, poétique, historique, la rivière inspire aux jeunes artistes
contemporains des récits visuels nourris par sa puissance évocatrice. Du voyage
initiatique déclenché par le roman à la mise en scène de soi, en passant par une
nouvelle quête de sens et de beauté au milieu du chaos, la rivière est prétexte à
des fictions, souvent autobiographiques, où la réalité nourrit un imaginaire travaillé
par des interrogations sur l’identité, l’histoire et le paysage chinois. Contours et
couleurs nimbés d’un brouillard de pollution, apparitions inattendues dans des
endroits abandonnés et fantomatiques, personnages en transit, confèrent à ces
images une poésie presque surréaliste. L’impact de l’homme sur des paysages en
pleine mutation cohabite étrangement avec l’image statique du fleuve.

Les artistes

Yang Yongliang 杨泳梁

Né en 1980 à Shanghai. Vit entre New York et Shanghai.
Formé très tôt à la calligraphie et à la peinture traditionnelle à l’encre,
diplômé de l’Académie des Arts de Shanghai en communication
visuelle, Yang Yongliang a entrepris dès ses débuts de lier art
classique et art contemporain. Yang combine la photographie et
les techniques nouveaux médias pour construire des paysages
d’apparence naturels, évocateurs de la peinture traditionnelle
shanshui (paysages « de montagne et d’eau »), mais qui en réalité
décrivent les effets du développement urbain en Chine. Son travail
a été exposé dans des musées et biennales à travers le monde
(National Gallery of Victoria à Melbourne, Biennale de Moscou,
Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris, Fukuoka Asian Art
Museum, Somerset House à Londres…). Ses oeuvres ont rejoint
les collections de plus de vingt institutions internationales telles
que le British Museum, le Brooklyn Museum, le Metropolitan
Museum of Art in New York, le Museum of Fine Arts Boston, et le
San Francisco Asian Art Museum.
www.yangyongliang.com

Sui Taca 塔可

Né en 1984 à Qingdao. Vit entre New York et Qingdao.
Sui Taca est diplômé de l’Académie des Beaux-arts de Chine
(Pékin) et du Rochester Institute of Technology (États-Unis). Âgé
d’une vingtaine d’années, Sui Taca a consacré une année à l’étude
du Livre des Odes (Shijing), le plus vieux recueil poétique chinois
connu. Les oeuvres de Sui entrent en correspondance avec la
nature elliptique des poèmes : ses images semblent se maintenir
en suspens, dans une attente étrange. La série Odes a été acquise
et exposée par le Metropolitan Museum of Art à New York, en
2014. Ses dernières séries, Steles, Revealed et Grotto Heavens,
revisitent également la civilisation chinoise.
www.taca.work

Luo Dan 骆丹

Né en 1968 à Chongqing. Vit à Chengdu.
Luo Dan est un photographe portraitiste et documentariste
reconnu, diplômé de l’Académie des Beaux-Arts du Sichuan. Après
des années comme photographe de presse, il démissionne pour
partir en Jeep photographier la Chine d’est en ouest, de Shanghai
à Lhasa, le long de la route 318, à l’aide d’un appareil moyen
format (China Route 318, 2006). En 2008, il repart sur les routes,
cette fois-ci du nord vers le sud (North and South). Pour Simple
Song (2010-2012), Luo Dan s’installe pendant deux ans dans une
vallée reculée du Yunnan (sud-ouest de la Chine), au sein d’une
communauté au mode de vie quasi inchangé depuis cent ans, et
se convertit à un procédé photographique oublié, le collodion sur
plaque humide. Luo Dan a reçu plusieurs réco mpenses en Chine :
Art Award China (AAC) (2013), prix Hou Dengke de la photographie
documentaire (2011), prix du meilleur photographe aux festivals
de Dali (2011) et Lianzhou (2008).

Michael Cherney

Né en 1969 à New York. Vit à Pékin.
Michael Cherney, également connu sous le nom chinois de Qiu
Mai (« blé d’automne »), vit à Pékin depuis 1991. Photographe
et calligraphe autodidacte, son travail se situe dans la tradition
esthétique chinoise. Ses photographies sont les premières à
être entrées dans la collection du département d’art asiatique
du Metropolitan Museum of Art (New York) et font partie des
collections de nombreux musées comme le Berkeley Art Museum
/ Pacific Film Archive, Cleveland Museum of Art, Getty Research
Institute, Harvard University Museum.
www.qiumai.net

Edward Burtynsky

Né en 1955 à St. Catharines (Canada). Vit à Toronto.
Edward Burtynsky est un photographe internationalement reconnu
qui, depuis trente-cinq ans, se consacre à dépeindre les paysages
industriels et les transformations de la nature par l’homme à
travers le monde. Ses oeuvres ont intégré les collections d’une
soixantaine de musées, tels que le MoMA et le Guggenheim de
New York, le musée Reina Sofia de Madrid, la Tate Modern à
Londres, le LACMA à Los Angeles… Son travail sur les questions
écologiques l’a mené en Chine dans les années 2000, où il a créé
plusieurs séries photographiques soulignant les conséquences
humaines et environnementales de la modernisation. Ses grands
formats mêlent approche documentaire et créative, transformant
les paysages en des lieux de paradoxes où règnent à la fois le
calme et l’incertitude, l’aliénation et le sublime. Sans condamner ni
glorifier l’industrie, ses images doivent pour l’artiste permettre au
public de comprendre l’origine des biens de consommation que
nous utilisons quotidiennement et l’échelle des transformations
du paysage nées de notre poursuite du progrès – « regarder le
paysage industriel comme une façon de définir qui nous sommes
et notre relation à la planète. »
www.edwardburtynsky.com

Zhuang Hui 庄辉

Né en 1963 à Yumen, province du Gansu. Vit à Pékin.
Zhuang Hui est un artiste conceptuel qui s’exprime principalement
à travers la performance, la photographie et l’installation. Il
grandit auprès d’un père photographe itinérant dans le Gansu.
Autodidacte, à la sortie du lycée, il apprend la peinture à l’huile
avec son voisin, en parallèle de son emploi d’ouvrier à l’usine.
Zhuang Hui commence à fréquenter les milieux d’avant-garde au
début des années 90 et crée ses premières performances, très
politiques. Il se fait connaître à la fin des années 1990 grâce à ses
longs portraits horizontaux de groupes d’ouvriers, d’élèves et de
citoyens. Très reconnu en Chine, Zhuang Hui a également participé
à des expositions collectives au Yuz Art Museum (Jakarta), Smart
Museum of Art (Chicago), Pinacoteca Nazionale (Bologne), et au
Musée d’art contemporain de Lyon. La plupart de ses oeuvres, bien
qu’elles empruntent des formes et des médiums divers, mettent
en scène des interventions dans des lieux et événements réels et
interrogent le rôle de l’individu face à la société.

Chen Qiulin 陈秋林

Née en 1975 à Yichang, province du Hubei. Vit à Chengdu.
Chen Qiulin s’exprime à travers la performance, la danse,
l’installation, la photographie, la vidéo et la sculpture. Quel que soit
le médium, ses oeuvres prennent place dans les paysages postindustriels
du Sichuan, et source dans sa propre histoire – celle
d’une Chinoise dont la ville d’origine a été détruite par le barrage
des Trois Gorges. Du démantèlement chaotique des villes touchées
par la construction du barrage aux effets de la modernisation sur
une jeune génération au matérialisme galopant, et au tremblement
de terre dévastateur de Wenchuan en 2008, Chen donne à voir le
réalisme brutal mais aussi la grâce poétique d’une nouvelle Chine
en train d’éclore. Ses représentations à la dramaturgie unique
explorent les sentiments et la capacité d’adaptation des hommes
dans une société en plein bouleversement, ainsi que le mélange
en même temps que le conflit de la culture traditionnelle avec la
culture contemporaine. Ces transformations sont-elles synonymes
d’opportunité ou de perte ? C’est l’une des questions posées par
Chen, dont les oeuvres sont dans les collections du Denver Art
Museum, de la Bohen Foundation et du Worcester Art Museum
(États-Unis).

Mu Ge 木格

Né en 1979 à Chongqing. Vit à Chengdu.
Après des études d’audiovisuel à l’Université normale du Sichuan,
Mu Ge s’oriente vers la photographie. L’idée de « chez-soi » est au
coeur de son travail. Originaire des Trois Gorges, établi à Chongqing,
dans Going Home (2004-aujourd’hui), Mu Ge documente, au fil
de ses trajets de retour chez lui, les bouleversements vécus par
les habitants de la zone. Dans Ash (2009-2017), toujours dans les
Trois Gorges, il observe la nature, et les traces laissées sur elle par
le temps et l’histoire. Pour Behind the Wall (2013-2018), il a suivi
la Grande Muraille sur des dizaines de milliers de kilomètres et
visité les villages du nord, afin d’esquisser un portrait de son pays
natal à travers son symbole le plus puissant. « Going Home, c’est
mon voyage de retour vers ma région natale. Ash, mes réflexions
une fois sur place. Behind the Wall, un nouveau départ, ou une
quête d’un ‘chez-moi’ au sens large. » En 2019, Mu Ge a initié le
projet éducatif Bow Wave avec les photographes Feng Li et Zhang
Kechun. Il a présenté Behind the Wall au Format Photo Festival en
2019. Ses oeuvres sont dans les collections d’institutions comme
le Met (New York) et le SCoP (Shanghai).
www.mugetang.com

Liu Ke 刘珂

Né en 1977 à Chengdu. Vit à Chengdu.
Liu Ke travaille en duo avec sa compagne, Huang Huang. En 2019,
ils ont remporté le Three Shadows Photography Award 2019, l’un
des prix photographiques les plus prestigieux de Chine, pour leur
série Mirror. Ils ont participé à de nombreuses expositions en
Chine (CAFA Museum, Jimei x Arles, Dali International Festival,
Lianzhou Foto Festival…) et au Japon. Entre 2007 et 2009, Liu
Ke a mené en solo le projet Still Lake, sur les traces de sa famille
paternelle dans les Trois Gorges. La série lui a valu une nomination
pour le prix néerlandais FOAM Paul Huf Award.
www.liukehuanghuang.com

Jia Zhangke 贾樟柯

Né en 1970 à Fenyang. Vit à Pékin.
Considéré comme l’un des plus grands réalisateurs chinois,
Jia Zhangke développe un cinéma ancré dans les réalités de
la Chine contemporaine, jouant de la frontière entre fiction et
documentaire. Formé à la Beijing Film Academy, il appartient à la
sixième génération de cinéastes chinois dite « underground ». Si
sa caméra est toujours au plus près des personnages, l’espace
est aussi un personnage à part entière de ses films : la ville (Xiao
Wu, artisan pickpocket, Plaisirs inconnus, I Wish I Knew), le
barrage des Trois Gorges (Dong, Still Life), ou encore un monde
recréé en miniature (The World). En 2013, A Touch of Sin lui vaut
le prix du scénario au Festival de Cannes. Ses derniers films, Audelà
des montagnes (2015) et Les Éternels (2018), mêlent histoire
sentimentale et portrait de la Chine mondialisée.

Zhang Xiao 张晓

Né en 1981 à Yantai, province du Shandong. Vit à Chengdu.
Après des études d’architecture et de design à l’université de Yantai,
Zhang Xiao exerce comme photo-journaliste à Chongqing, pour
le quotidien Chongqing Morning Post. En 2010, il reçoit le Three
Shadows Photography Award, un des prix photographiques les
plus prestigieux de Chine, pour sa série They (2006-2007). Coastline
(2009-2013), sur le littoral chinois, connaît un grand succès en Chine
et à l’étranger, et vaut à Zhang Xiao de nombreuses récompenses
: Hou Dengke Documentary Photography Award (2009), Bourse
du Talent (2010) et Prix HSBC pour la Photographie (2011). En
2018, il est nommé Robert Gardner Fellow in Photography par
l’université de Harvard. Son travail mêle approche documentaire et
recherche esthétique pour aborder les conséquences humaines et
sociales de la modernité chinoise. Pour son dernier projet, Apple
(2019), Zhang Xiao est retourné dans sa ville natale de Yantai et
utilise photographie, vidéo et sculpture pour évoquer la culture de
la pomme, pilier de l’économie locale aux implications globales.
www.zhangxiaophoto.com

Chen Ronghui 陈荣辉

Né en 1989 à Lishui, province du Zhejiang. Vit entre
Shanghai et New Haven (États-Unis).
Chen Ronghui a débuté sa carrière de photographe en 2011 après
des études de journalisme. Il a collaboré pendant des années au
média en ligne Sixth Tone. Son travail se concentre sur la place
de l’individu et les questions environnementales en Chine. Dans
Petrochemical China (2013) et Christmas Factory (2015), il explore
les conséquences de l’urbanisation et de l’industrialisation dans
le delta du Yangtsé et la région du Zhejiang. Dans Freezing
Land (2016-2019), il réalise des paysages et des portraits de la
jeunesse du nord-est de la Chine, une ancienne région industrielle
aujourd’hui en déclin. Il a reçu plusieurs récompenses : prix World
Press Photo, Three Shadows Photography Award, Hou Dengke
Documentary Photography Award. Il a été nominé pour le Prix
Pictet et le C/O Berlin Talent Award. Il étudie actuellement à
l’université de Yale, aux États-Unis.
www.ronghuichen.com

Zhang Kechun 张克纯

Né en 1980 à Bazhong, province du Sichuan. Vit à Chengdu.
Zhang Kechun photographie les paysages de la Chine
contemporaine. Il se fait connaître grâce à sa série The Yellow
River, réalisée entre 2010 et 2015 autour du fleuve Jaune. Il est
lauréat du National Geographic Picks Global Prize (2008) et du
Prix découverte des Rencontres d’Arles (2014). Il a participé à de
nombreuses expositions en Chine (CAFAM, Beijing Photo Biennale)
et à l’étranger (Photoquai, Rencontres d’Arles). Ses oeuvres ont
intégré les collections d’institutions telles que le Musée national
germanique, le musée d’art de Baltimore, l’Académie centrale
des Beaux-Arts de Chine, le Williams Museum ou la fondation
Schneider.
www.zhangkechun.com

Victoria Jonathan

Née en 1985 à Paris. Vit et travaille entre Paris et Pékin.
Diplômée de Columbia University (East Asian Studies) et de
La Sorbonne (Philosophie), après avoir collaboré en tant que
directrice artistique ou productrice indépendante à de nombreux
projets avec des créateurs (Soundwalk, Philippe Starck), des
institutions culturelles (Centre Pompidou, lille3000), des marques
(Louis Vuitton, Estee Lauder, Chanel) et des festivals (Caochangdi
PhotoSpring – Arles in Beijing, Nuit Blanche), Victoria Jonathan
s’est établie en Chine en 2013, où elle a enseigné à l’Université
de Pékin avant de rejoindre le service culturel de l’ambassade de
France. Elle a également réalisé des documentaires radio et TV
sur la scène artistique chinoise pour France Culture et Voyage. En
2017, elle a co-fondé avec Bérénice Angremy l’agence culturelle
franco-chinoise Doors et développe des projets artistiques entre
l’Europe et la Chine.

LE LIVRE DE L’EXPOSITION

Véritable objet, le livre de l’exposition (bilingue français-chinois) réunit reproductions
des oeuvres exposées, essai illustré et entretiens exclusifs avec les artistes. Publié
par Bandini Books, il sera disponible à la vente (35 €) à partir du 15 juillet.
Il est constitué d’un livret théorique, contenant essai et entretiens avec les artistes
menés par les commissaires d’exposition, et d’une série de sept leporellos devant
être déployés à l’horizontale pour découvrir les oeuvres des artistes, en écho à la
peinture chinoise sur rouleaux.
Le livre permettra à un public français et international de découvrir ou d’approfondir
sa connaissance d’une scène photographique contemporaine chinoise encore
mal connue en Occident, dont les questionnements sur l’environnement et la
représentation artistique à l’ère du digital trouvent un écho universel.
Bandini Books est une maison d’édition spécialisée dans les livres d’artistes, les
estampes et les multiples. Basée à Paris et créée en 2019, elle a déjà a son actif
plusieurs parutions de livres d’artistes français et internationaux (Valérie Mrejen,
Elvire Bonduelle, Stephen Dean, Felipe Russo, Nicolas Silberfaden…).
www.bandini-books.com

Programmes culturels

Conférence : « Rivières et paysage » (60 min + 30 min d’échange avec le public)
Par François Jullien
Sur une proposition de Doors 门艺
Dans le cadre du Festival Terres de Paroles 2020
Dimanche 4 octobre à 15h00 à Jumièges
La rivière est porteuse, dans la tradition chinoise, d’animation et de circulation. Elle
ne s’entend pas seule, mais en rapport à la montagne à laquelle elle est corrélée :
la montagne tend vers le haut, l’eau tend vers le bas ; la première est immobile et
impassible, la seconde est mouvante et ne cesse d’ondoyer ; la première a forme
et fait le relief, la seconde est sans forme et épouse la forme des choses. Il y a ce
qu’on regarde (la montagne) ; et il y a ce qu’on entend (l’eau). En étant l’élément le
plus souple, l’eau est aussi celui qui triomphe du plus dur… C’est dire que la rivière
n’a cessé d’être évocatrice conjointement dans la peinture et la poésie chinoises à
la fois comme ressource d’image et de sens. Comme l’a dit Confucius, l’homme de
bien aime la montagne et l’homme avisé aime l’eau…
François Jullien est Philosophe, Helléniste et sinologue,
professeur à l’Université Paris Diderot, Titulaire de la
Chaire sur l’altérité (FMSH).
Il est l’auteur de nombreux essais, dont Les
Transformations silencieuses (Grasset, 2009), Vivre en
existant. Une nouvelle éthique (Gallimard, 2016), De l’être
au vivre, Lexique euro-chinois de la pensée (Gallimard,
2015) et La Seconde Vie (Grasset, 2017).

Contes chinois : « Remonter la rivière » (45 min)
Par Domitille Germain
Sur une proposition de Doors 门艺
Dans le cadre du Festival Terres de Paroles 2020
Mercredi 14 octobre 2020 à 16h30 à Jumièges
[Jeune public – à partir de 5 ans]
Remontons la rivière en compagnie des pêcheurs de la littérature chinoise, les pieds dans l’eau, vers la source aux fleurs de pêchers et ses immortels. Une invitation au voyage dans les contes d’eau chinois de l’Antiquité au Ve siècle, à travers des récits issus de Zhuangzi (IVe siècle avant notre ère), du Huainanzi (IIe siècle avant notre ère) jusqu’à Tao Yuanming (IVe-Ve siècle).

Visite « contée » de l’exposition « Les flots écoulés ne reviennent pas à la
source. Regards de photographes sur la rivière en Chine » suivie d’une initiation
vivante à la langue chinoise (45 minutes)
Par Domitille Germain
Sur une proposition de Doors 门艺
17 octobre –– 2 novembre 2020
[Jeune public – à partir de 5 ans]
Domitille Germain est conteuse et autrice jeunesse. C’est en vivant en Chine qu’elle a pris goût au conte. Elle s’est formée au conte à Pékin auprès d’un conteur-calligraphe, puis au conservatoire de Paris XII. Depuis, elle raconte et écrit des histoires adaptées de contes et récits chinois.

UNE EXPOSITION LABELLISÉE
NORMANDIE IMPRESSIONNISTE

L’exposition « Les flots écoulés ne reviennent pas à la source » présentée à l’Abbaye
de Jumièges est l’un des événements départementaux labellisés dans le cadre de
Normandie Impressionniste 2020. Le festival se déroule cette année du 4 juillet au
15 novembre, sur l’ensemble du territoire normand.
Normandie Impressionniste est un festival régional à l’écho national et international.
Il fédère les principaux acteurs culturels et patrimoniaux de la Région Normandie
pour présenter une programmation de qualité dans les grands musées régionaux
et les sites patrimoniaux. De nombreuses actions culturelles et pédagogiques
complètent la programmation.
Pour sa quatrième édition, présidée par Érik Orsenna, Normandie Impressionniste
célèbre ses dix ans et se réinvente selon une nouvelle formule imaginée par son
commissaire général, Philippe Piguet. Ainsi l’édition 2020 propose, non pas un
thème unique pour l’ensemble des événements, mais un fil directeur pluriel, riche
et ouvert aux interprétations : La couleur au jour le jour. C’est en effet à travers
le prisme de cette révolution picturale de la couleur que les impressionnistes se
sont emparés de leur quotidien et de sujets liés à l’évolution de la société à leur
époque : la révolution industrielle et ses conséquences sociales, économiques et
urbaines, avec dans son sillage l’épanouissement d’une nouvelle classe sociale et
de nouvelles pratiques.
À travers leurs regards singuliers sur la rivière en Chine, le travail des treize artistes
exposés s’inscrit parfaitement dans la direction artistique de l’événement – qu’ils
donnent à voir leur relation avec la tradition picturale chinoise liée au paysage ou
les conséquences de l’industrialisation sur la nature et l’environnement.

Organiser

Département de la Seine-Maritime

Venue

Abbaye de Jumièges
Rue Guillaume le Conquérant
Jumièges, 76480 France
+ Google Map
Website:
http://www.abbayedejumieges.fr/fr/home/