La plaque tombale d’Agnès Sorel

Le personnage d’Agnès Sorel est associé au manoir situé sur la commune du Mesnil-sous-Jumièges. En effet, durant la guerre de Cent Ans, le roi se rend à l’abbaye de Jumièges où elle le rejoint. Logée dans le manoir de la Vigne, alors propriété de l’abbaye, elle y meurt, le
9 février 1450, après avoir mis au monde sa quatrième fille. Les circonstances de sa mort sont encore aujourd’hui mystérieuses.

Charles VII fait alors déposer le cœur de l’illégitime et contestée ”Dame de Beauté” dans une chapelle de l’église abbatiale, comme on le fait d’une reine, et reconnaît ses filles.
Une dalle mortuaire de marbre noir recouvre sa dépouille, primitivement située dans la chapelle du bras nord du transept. Elle est présentée aujourd’hui dans le logis abbatial.
L’élévation biseautée est gravée d’une inscription gravée en lettres gothiques, courant tout autour du tombeau :

cy gist noble damoyselle Agnès Seurelle en [son vivant] dame de beaulté / [de Roquecisière] d’Issoudun et de Vernon sur Seine piteuse entre [toutes] gens et
qui largement [donnait] de ses biens aux églises et aux pauvres laquelle trespassa le 9e jour de / fevrier lan [de grace] M IIIIc XLIV priez Dieu pour l’ame d’elle. Amen

Le reliquaire d’Agnès Sorel

L’abbaye est également en possession d’un petit reliquaire, en bois stuqué et doré, prenant la forme d’un cadre architecturé (baie à fronton en accolade amorti de pilastres).


Le 19 juillet 1829, Aglaure Barbet, fille du maire de Rouen, adresse à Casimir Caumont, alors maire de Jumièges, les cheveux d’Agnès Sorel encadrés sous verre. Cette dernière avait été inhumée à Loches, où son corps a été exhumé sous la Révolution.

« On m’a assuré, écrit Mlle Barbet, que le squelette fut trouvé parfaitement conservé. Le maire de Loches qui, par ses fonctions, était obligé d’assister à cette profanation des tombeaux, prit la chevelure dont quelques brins que je vous envoie faisaient partie… ». Cette relique reste à l’abbaye avec les successeurs de Caumont, les Lepel-Cointet.

Le destin d’Agnès Sorel continue d’intéresser les chercheurs, notamment sur les causes de sa mort, mais également les artistes. Mireille FULPIUS, artiste de renommée internationale, a présenté en 2016 dans l’enceinte de l’abbaye une installation intitulée “Les Quatre Sorel”
composée de tiges en bois formant une sorte de forêt, rassemblées par quatre larges couronnes symbolisant les quatre filles d’Agnès Sorel, reconnues par Charles VII.