Du théâtre à l’Abbaye pour les Journées Européennes du Patrimoine !

« Il est dans l’imaginaire collectif des trous béants. Parmi ceux-ci, l’histoire de la Normandie
médiévale. Qu’en sait-on couramment ? Presque rien. Et les préjugés abondent. Pour beaucoup,
le moyen âge, c’est l’obscurantisme, la violence aveugle… et la Normandie, en tant que grande
puissance européenne, une parenthèse vite refermée dans l’histoire du monde.
Pourtant ce passé, quelle richesse. N’est-il pas ce que nous sommes, ce qui a formé notre monde ?
En souffre également l’image de la Normandie dont beaucoup pensent qu’elle n’est qu’un pays
de vaches, de fromages et de pommiers.
Pour combler ce vide et corriger les idées fausses, il y a les récents et remarquables travaux des
médiévistes. Mais ne rêvons pas, leur influence sur la conception que le public se fait du Moyen-âge
est forcément lente à pénétrer. Alors, une pièce de théâtre ? Elle peut être à mon sens très
utile car si elle ne peut pas contribuer à diffuser les connaissances historiques (ce n’est pas son
rôle) elle peut sûrement ouvrir une porte, susciter dans l’esprit des spectateurs des « tiens tiens
! » salutaires.
La pièce que nous proposons ici tourne autour d’un personnage d’une grande importance, Odon
évêque de Bayeux, comte de Kent, demi-frère du Conquérant. Méconnu, décrié, on sait fort peu
de choses sur lui… mais quand même assez grâce aux chroniqueurs : Orderic Vital, Guillaume de
Jumièges, Wace, Guillaume de Poitiers. Ils soulignent ses vices et ses crimes. Que dire d’autre
en effet de ce personnage, puissant, mais tombé en disgrâce, quand il s’agit de ne froisser en
rien les pouvoirs en place ?
Les chroniqueurs pourtant sont une source appréciable de renseignements sur le temps d’Odon,
et c’est par ce biais qu’on peut comprendre qui il était vraiment. Un puissant de son temps, pas
tout à fait comme les autres, mais quand même. Tout cela fournit une matière susceptible de
remettre en cause bien des préjugés sur cette époque.
De plus, en faisant dialoguer Odon et une jeune journaliste de notre temps, le spectacle met en
vis-à-vis notre reflexe qui est de « juger l’Histoire », et « l’Histoire qui nous juge ». Ce qui ressort
de cette démarche est toujours surprenant, souvent amusant, et parfois même cocasse.
L’écriture, tout en restant d’une rigoureuse objectivité historique, évite toute prétentieuse
lourdeur. Elle donne sa place à l’humour, à l’ironie bienveillante et bien sûr à tous les éléments
permettant de soutenir l’intérêt et de donner à la pièce charme et vivacité. »
Nicolas Wapler

Une comédie historique de Nicolas Wapler
mise en scène par Jean-Christophe Blondel
avec Lorena Felei et Jean-Marc Talbot (durée : 1 heure)

Représentations à 14h et à 16h le 19 septembre 2020.

L’entrée à l’abbaye sera gratuite ce jour.

  • Visite libre et gratuite du site, de l’exposition photographique « Les flots écoulés ne reviennent pas à la source » et de l’exposition « La lumière du loup » du photographe Benjamin Deroche (dans le parc de l’abbaye) samedi et dimanche de 9h30 à 12h30 et de 14h à 18h.
  • Découverte gratuite de l’application « Jumièges 3D » samedi et dimanche de 9h30 à 12h30 et de 14h à 18h.