CADRANS SOLAIRES

Fin octobre, le changement d’heure devient l’occasion d’évoquer les cadrans solaires dans cette nouvelle rubrique.

Un cadran solaire est un dispositif donnant l’heure à partir de la position du Soleil ou plus précisément de son angle horaire. Certains cadrans sont installés sur un mur orienté face au sud, ou horizontaux sur une colonne, ou encore orientés et inclinés de façon quelconque voire tracés sur des surfaces courbes. En effet, la typologie des cadrans solaires est multiple : il existe des cadrans analemmatiques, bifilaires, cylindriques,…, horizontaux ou verticaux.

Les plus fréquents et souvent les plus connus sont verticaux et dits déclinants. Ainsi lorsque le plan du cadran fait exactement face au sud, le cadran est dit méridional ou non déclinant. Souvent le mur servant de plan du cadran n’est pas orienté exactement au sud et est légèrement tourné vers l’est ou vers l’ouest, le cadran est alors dit déclinant. Il se compose d’un style ou gnomon métallique, fixé au mur et dont l’ombre portée sur les lignes horaires gravées permet d’indiquer l’heure. Les différentes lignes horaires ne sont pas symétriques par rapport à la ligne de midi qui reste verticale : un cadre déclinant du matin est orienté vers le sud-est, les lignes horaires du matin sont d’ailleurs plus resserrées. C’est l’inverse pour un cadre déclinant de l’après-midi.

Connu depuis des millénaires, le cadran solaire s’est fortement diffusé à partir de la Renaissance jusqu’au 19ème siècle avant de tomber en désuétude face aux progrès de l’horlogerie.

L’abbaye de Jumièges en possède deux exemplaires avec table verticale. Tous deux semblent orientés sud-est et présentent donc des cadres déclinants du matin.

Le premier est situé sur la tour sud de l’église Notre-Dame. Surmonté de la date gravée 1660, le cadran prend la forme d’un phylactère portant les chiffres de 1 à 12. Le gnomon métallique est fixé au mur dans un médaillon circulaire figurant un soleil.

 

Vue de la tour sud de l’abbaye, vue rapprochée sur le cadran solaire

Le second est situé sur le mur sud du logis abbatial. Moins travaillé, il se compose uniquement des lignes horaires d’ailleurs non définies (aucun chiffre gravé) et d’un gnomon triangulaire métallique chantourné.

  

Vue d’ensemble du logis, détail du cadran solaire

Le cadran solaire déclinant peut également être du soir, généralement orienté sud-ouest. En vallée de la Seine, on peut en voir un exemplaire sur le bâtiment conventuel de l’abbaye de Saint-Wandrille (partie non ouverte au public). On remarque les lignes horaires de l’après-midi resserrées, contrairement aux cadrans solaires de Jumièges.

  

Vue rapprochée du cadran solaire, bâtiment conventuel de l’abbaye Saint-Wandrille

Deux autres cadrans solaires sont également visibles à l’abbaye Saint-Georges de Boscherville, tous deux de facture récente : l’un vertical, inséré au mur, est orienté vers l’ouest. On ne peut y lire l’heure que l’après-midi et son style est en forme de portique dont l’œilleton central projette une tâche lumineuse sur le cadran.

Le second est un cadran sphère monté sur colonne et gravé des lignes horaires. Sans style, l’heure y est probablement lue par la limite ombre/lumière due à la courbure du cadran…

  

Vue générale des deux types de cadrans solaires, abbaye Saint-Georges de Boscherville